Pérou épisode 2 : Arequipa et l’Alpaga

20 février, 10h. Nous sommes de retour d’Arequipa. Après avoir passé le vendredi à Lima à corriger les prototypes, nous avons sauté le samedi matin dans un avion pour Arequipa. A l’arrivée, nous nous couvrons à nouveau. Dans la sierra, février c’est l’hiver ! Deux saisons dans un même pays à quelques centaines de kms …. Mais l’hiver d’Arequipa n’est pas trop froid, nous ne sommes qu’à 2300 m d’altitude après tout !

A Arequipa, nous rencontrons Carole de Tiksy. Installée ici depuis cinq ans, elle monte une filière d’alpaga équitable. Arnaque, déception et silence douteux de l’Etat sur les pratiques d’achat aux éleveurs d’alpaga ne l’ont pas démotivée. La démotivation n’a pas l’air de faire partie de sa personnalité de toute façon, elle attaque sa montagne pas à pas et avec le sourire. Carole cumule deux jobs : pour sa marque de vêtements bio équitable et dans une agence de voyage. Pendant qu’elle nous reçoit et nous laisse librement tout fouiller dans son petit local dont elle déménagera bientôt, elle répond aux appels des touristes bloqués par la pluie un peu partout dans la sierra.

 

Carole a structuré une équipe de femmes qui tricotent à la main ou à la machine. Certaines filent également l’alpaga mais le résultat est forcément très artisanal. Contrairement aux filières alimentaires comme le cacao ou le café où les coopératives ont leur propre appareil de traitement de la matière première, il n’existe aucune filature d’alpaga aux mains des éleveurs et artisans. Le monopole des sociétés privées est très fort.  Le responsable d’une coopérative nous explique que, la dernière fois, il a réussi à équiper une filature car il avait le soutien d’une personne officielle, mais malgré tout, deux jours après l’ouverture, tout était saboté. Ainsi, la filière d’alpaga peut être équitable sur la confection mais pour la laine filée industriellement, nous n’avons aucune idée de ce que les éleveurs reçoivent… Nous entendons toutefois parler d’une petite entreprise de filature qui aurait instauré un système de prime pour les éleveurs, elle est à Lima, nous irons la voir.

 

En attendant, nous allons rencontrer une tricoteuse de l’équipe de Carole. Elle nous montre fièrement sa machine et les pièces qu’elle a confectionnée pour des concours. Le travail est bien fait, nous allons creuser…