Les Super Yoghiros – Préface de Francis Hallé

Je compte bien vous raconter toutes les étapes de la préparation du livre des Super Yoghiros (si l’envie d’éditer un livre jeunesse vous prend, je me dis que cela pourra peut-être vous servir). Mais, je suis obligée de bousculer la chronologie pour partager un grand bonheur : la préface de Francis Hallé. Et comme, je suis trop impatiente d’attendre la sortie du livre, je vous la copie à la fin de l’article.
 
Francis Hallé est le plus grand spécialiste de la forêt tropicale humide. Un homme qui a passé sa vie auprès des arbres et des plantes des tropiques. Il œuvre inlassablement à défendre les forêts primaires, et son amour du végétal le conduit aussi à nous parler (dans la vidéo ci-dessous) des agro-forêts des tropiques. Ces forêts organisées par l’homme où chaque plante est utile. Ce modèle est celui du projet de reforestation dans lequel nous plantons des arbres en Amazonie.
 

 
Cette préface me touche particulièrement. Bien sûr, parce qu’elle apporte une caution au contenu du livre… d’ailleurs, une des premières questions de Francis Hallé a porté sur le capirona, un arbre dont je parle dans le livre, il ne connaissait pas cette appellation locale.
 
Mais aussi, parce que Francis Hallé est un modèle. Je l’ai rencontré à la période d’Il Etait une Foret, le film de Luc Jacquet, et j’ai découvert un homme d’une intégrité totale, passionné, authentique. Un homme qui n’a jamais renoncé, alors qu’il est aux premières loges pour voir disparaître la forêt.
 
Il n’est pas question d’idolâtrie mais plutôt de bonnes ondes. Ce projet de livre est important pour moi, et j’ai envie de l’entourer d’un bon karma, celui de personnes entières et profondément humaines, celui de personnes qui me donnent envie de croire que demain tout est possible, que tout peut aller mieux si on se donne la peine d’essayer.
 
Prenez le temps de découvrir Francis Hallé dans cette vidéo de Wild Touch… et juste après, sa préface du livre des Super Yoghiros.
 

 
Préface des Supers Yoghiros, Francis Hallé, Montpellier, Avril 2016
 
Elle est belle, l’histoire des super yoghiros en Amazonie ; elle est aussi profondément sage. La forêt tropicale – ce qu’il y a de plus beau sur Terre – est calme et pas dangereuse. Bien sûr il faut éviter de s’y perdre, donc ne vous y aventurez pas sans guide ; dans le livre, Paolo le Péruvien tient à merveille son rôle de guide. Parmi les adultes, il y a ceux qui détruisent la forêt pour se faire de l’argent et ceux, beaucoup plus nombreux, qui essayent de la protéger mais ne savent pas comment s’opposer à sa destruction. J’ai tout essayé pour sauver ces forêts, mais en vain : aujourd’hui elles ont presque disparu et le peu qui reste est très abîmé.
J’aime beaucoup l’idée que les enfants relèvent ce défi et réussissent là où leurs parents ont échoué. Un message pour les jeunes lecteurs : notre planète risque d’être détruite par ceux qui se font de l’argent mal gagné. Méfiez-vous de l’argent.
Un message spécial pour Rémi : laisse ton écharpe au square de l’Equinoxe ; en Amazonie il ne fait pas froid.
 
Francis Hallé