Mamans, arrêtons de dire : « Ah quand même, c’est plus calme les filles »

Pourquoi nous, mamans et donc femmes, nous positionnerions-vous en pole position des véhicules de préjugés ? Combien de fois ai-je entendu, lorsque j’étais enceinte de ma fille : « ah, tu vas voir, tu vas t’éclater avec les fringues » ? Des dizaines de fois, alors que l’on ne m’a jamais fait la remarque durant la grossesse de mon fils.
 
Pourquoi après chaque fête d’anniversaire, revient le sempiternel « ah les filles c’est plus calme quand même » ?
Et surtout, pourquoi est-ce que ces phrases sortent de la bouche de mamans, de la bouche de femmes ? De femmes souvent intelligentes, ouvertes et bienveillantes.
 
Pour le plus grand nombre (et je m’y inclus), ces femmes sont perpétuellement en quête d’équilibre entre une vie de mère aimante, de femme attentive et de professionnelle épanouie. Elles jonglent. Certaines se disent chanceuses car leurs maris les aident à la maison. Les aident ? J’ai du mal avec le choix de ce mot. Les conjoints sont-ils des assistants à temps partiel sur l’organigramme domestique ?
 
Amies jongleuses, il est temps de faire attention au choix de nos mots. Tout comme nos actes, nos paroles transportent les idées qui, jours après jours, façonnent les modèles auxquels nos enfants s’identifient.
 
Le calme, le verbal, la beauté, la douceur, l’intériorité, la recherche de protection ne doivent pas être réservés qu’aux filles.
L’énergie, l’aventure, la construction, l’indépendance et les bêtises n’appartiennent pas qu’aux garçons.

 
Nous voulons toutes que nos enfants aient une bonne estime d’eux-mêmes, qu’ils s’acceptent pour devenir des adultes épanouis. Pour cela, ils doivent apprendre à se connaître, expérimenter.
Mais en dressant des murs, en les enfermant dans ces boîtes que sont les codes sexués, nous réduisons la palette d’émotions, d’interactions et d’activités qu’ils pourraient explorer.
 
N’ayez pas peur de tranformer pas votre petit garçon en trouillard timoré ou votre fille en brute au profil de camionneuse. Ce n’est pas vous qui dessinerez la personnalité de votre enfant, mais c’est vous qui pouvez l’accompagner pour qu’il se découvre et s’accepte tel qu’il est.
 
Evidemment, vous ne pourrez pas tout faire. Les stéréotypes ont la vie dure. Mais si on s’y met toutes (et tous), ce sera déjà pas mal. Vous ne pensez pas ?
 
Je vous souhaite une très bonne journée DES femmes. Et à celles (et ceux) qui veulent poursuivre la réflexion, quelques liens intéressants pour commencer à décloisonner !…
 
 
Livres pour enfants : les clichés sexistes n’ont jamais été aussi présents
 
Association Lab-elle (valoriser la diversité dans les albums pour enfants afin qu’ils développent leur personnalité et leurs potentiels librement)
 
Les stéréotypes garçons-filles s’imposent dès la crèche
 
Stéréotypes de genre – Les attentes parentales et l’influence parentale
 
La fin des «jouets de fille» et des «jouets de garçon»
 
Pourquoi associe-t-on le rose aux filles et le bleu aux garçons ?