Perou episode 1 : soit je me pends, soit je continue…

16 février 2012, 18h30 : nous voilà arrivées à Lima sans encombre. Nous sommes ici pour coordonner la production de notre future collection de vêtements bébé en coton bio. Bagages en mains, nous nous faufilons entre les banderoles et les familles venues accueillir leurs proches. Nous aussi, nous sommes attendues. Nous rejoignons Consuelo et Aïde, et déjà dix taxis nous ont proposé leurs services.  Mais on ira chercher le notre une centaine de mètres plus loin. Ici, au Pérou, tout le monde nous dit qu’il faut toujours tout négocier.
 

Le rendez vous avec Cesar est pris pour le lendemain matin à 8h. Ce sera chez lui, il est immobilisé par une sciatique après avoir porté un sac de 10kg de tissus sous le cagnard. Oui oui, le cagnard! Ici février c’est l’été, le mois le plus chaud de l’année, les vacances…
 
17 février 2012, 8h30 : nous arrivons chez Cesar, avec la demi-heure de retard réglementaire. Retrouvailles joyeuses. Sur la table, les prototypes de nos vêtements bio bébé et des cuadraditos de tissus colorés nous attendent. Mais, avant de découvrir le chef d’œuvre, Cesar nous apprend que l’atelier a été cambriolé. Bon, ok, il ne nous le raconte pas comme ça… mais plutôt comme ça : La semaine dernière, il était chez lui, incapable du moindre mouvement. Suzy (la couturière et géniale patronniste en devenir) se chargeait donc de tous les allers-retours entre l’atelier, l’appartement de Cesar, le bureau de Gilbert (le sérigraphe), l’appartement de Cesar, l’atelier, Gamarra, l’atelier, l’appartement de Cesar….là, je crois qu’on avait compris. Bref, un matin, Suzy arrive à l’atelier et l’appelle :

 

« -Ou sont les machines, tu les as emmené chez toi ?
- Non Suzy, comment je les aurais emmenées ?
- Mais, il n’y a plus de machines, la porte n’a pas été forcée et les fenêtres sont intactes…
-Va voir dans les toilettes….. »

 

Oui, dans les toilettes, il y a une petite fenêtre à petits barreaux… et là, Suzy ne voit plus de barreaux ni de fenêtres. L’atelier a été cambriolé. Cesar se dit alors : « Soit je me pends, soit je continue…bon, je continue ». Ca, c’est Cesar.